Andropause : comprendre les symptômes, les causes et les solutions

L’andropause est souvent présentée comme l’équivalent masculin de la ménopause. Pourtant, cette comparaison est incomplète. Contrairement à la ménopause, qui entraîne un arrêt brutal de la production hormonale chez la femme, l’andropause correspond à une diminution progressive de la testostérone chez certains hommes.

Cette baisse hormonale peut avoir des répercussions sur la forme physique, la libido, l’humeur, le métabolisme et la composition corporelle. Cependant, tous les hommes ne développent pas une véritable andropause et son intensité varie considérablement d’une personne à l’autre.

Dans cet article, découvrez les symptômes de l’andropause, l’âge auquel elle apparaît, ses conséquences sur le poids, la fertilité et la santé mentale, ainsi que les solutions pour mieux vivre cette période.

Qu’est-ce que l’andropause ?

L’andropause, également appelée déficit en testostérone lié à l’âge ou hypogonadisme tardif, correspond à une diminution progressive de la production de testostérone.

La testostérone est l’hormone sexuelle principale chez l’homme. Elle intervient notamment dans :

-le désir sexuel ;

-les érections ;

-la masse musculaire ;

-la densité osseuse ;

-la répartition des graisses ;

-la production des spermatozoïdes ;

-l’énergie ;

-les capacités cognitives.

Avec l’âge, son taux diminue naturellement. Chez certains hommes, cette baisse devient suffisamment importante pour provoquer des symptômes.

À partir de quel âge apparaît l’andropause ?

La baisse de la testostérone débute généralement autour de 30 à 40 ans, à raison d’environ 1 % par an.

Cependant, les symptômes apparaissent le plus souvent :

– entre 45 et 55 ans ;

– parfois après 60 ans ;

– plus rarement avant 45 ans.

L’âge n’est pas le seul facteur.

Plusieurs éléments favorisent une baisse plus importante de la testostérone :

– le surpoids ;

– l’obésité abdominale ;

– le diabète de type 2 ;

– le syndrome métabolique ;

– le manque d’activité physique ;

– certaines maladies chroniques ;

– certains traitements médicaux ;

– le stress chronique ;

– un sommeil insuffisant.

Quels sont les symptômes de l’andropause ?

Les symptômes sont souvent progressifs et peuvent être confondus avec ceux du vieillissement normal.

Symptômes physiques

– fatigue persistante ;

– baisse de l’énergie ;

– diminution de la force musculaire ;

– perte de masse musculaire ;

– augmentation de la masse grasse ;

– prise de poids abdominale ;

– diminution de la pilosité ;

– diminution de la densité osseuse ;

– risque accru d’ostéoporose.

Symptômes sexuels

– baisse de la libido ;

– troubles de l’érection ;

– diminution des érections matinales ;

– baisse de la fréquence des rapports ;

– diminution du plaisir sexuel.

Symptômes psychologiques

– irritabilité ;

– anxiété ;

– baisse de motivation ;

– troubles de la concentration ;

– difficultés de mémoire ;

– perte de confiance en soi ;

– humeur dépressive.

Andropause et baisse du métabolisme

L’un des effets les plus fréquents de l’andropause concerne le ralentissement du métabolisme.

La diminution de la testostérone favorise :

– une baisse de la masse musculaire ;

– une diminution des dépenses énergétiques au repos ;

– une augmentation du stockage des graisses.

Or, le muscle est un tissu très consommateur d’énergie. Lorsqu’il diminue, l’organisme brûle moins de calories au quotidien.

Ce phénomène explique pourquoi certains hommes prennent du poids alors que leurs habitudes alimentaires n’ont pas changé.

Andropause et prise de poids

La prise de poids est l’une des principales préoccupations des hommes concernés.

Elle touche principalement la région abdominale.

Cette graisse viscérale est particulièrement problématique car elle augmente le risque de :

– diabète de type 2 ;

– hypertension artérielle ;

– maladies cardiovasculaires ;

– syndrome métabolique.

Un cercle vicieux peut alors s’installer.

Plus la graisse abdominale augmente, plus elle favorise la transformation de la testostérone en œstrogènes via l’enzyme aromatase, ce qui accentue encore la baisse de testostérone.

Pourquoi la graisse abdominale augmente-t-elle ?

Plusieurs mécanismes sont impliqués :

Diminution de la masse musculaire

Moins de muscles signifie moins de calories brûlées.

Baisse de l’activité physique

La fatigue et le manque de motivation réduisent souvent les dépenses énergétiques.

Modifications hormonales

La baisse de testostérone favorise naturellement le stockage des graisses.

Alimentation déséquilibrée

Le stress, la fatigue et le manque de sommeil peuvent favoriser le grignotage et les aliments riches en sucres ou en graisses.

Andropause et fertilité

Contrairement à la ménopause, l’andropause ne rend pas systématiquement infertile.

La majorité des hommes continuent à produire des spermatozoïdes.

Cependant, la fertilité peut diminuer progressivement.

On observe parfois :

– une diminution du nombre de spermatozoïdes ;

– une baisse de leur mobilité ;

– une altération de leur qualité.

L’âge du père peut également influencer le délai nécessaire pour obtenir une grossesse et augmenter légèrement le risque de certaines anomalies génétiques chez l’enfant.

Il est donc tout à fait possible de devenir père après 50, 60 voire 70 ans, même si les chances de conception diminuent progressivement.

Andropause et dépression : existe-t-il un lien ?

Oui.

La testostérone intervient dans plusieurs mécanismes cérébraux liés à l’humeur.

Chez certains hommes, sa diminution peut favoriser :

– une humeur dépressive ;

– une perte d’intérêt ;

– une baisse de motivation ;

– une diminution du plaisir ;

– un repli sur soi.

Cependant, une dépression ne signifie pas forcément qu’il existe une andropause.

Inversement, tous les hommes souffrant d’andropause ne développent pas de dépression.

Un avis médical est indispensable en cas de symptômes persistants.

Comment diagnostique-t-on l’andropause ?

Le diagnostic repose sur deux éléments :

Les symptômes

Le médecin recherche les signes évocateurs.

Une prise de sang

Le dosage de la testostérone totale est réalisé le matin.

Selon les résultats, d’autres examens peuvent être demandés :

– testostérone libre ;

– LH ;

– FSH ;

– prolactine ;

– bilan thyroïdien ;

– glycémie ;

– bilan lipidique.

Quels sont les traitements de l’andropause ?

Le traitement dépend de l’intensité des symptômes et des résultats biologiques.

Les mesures hygiéno-diététiques

Elles constituent toujours la première étape.

Elles comprennent :

– une activité physique régulière ;

– une alimentation équilibrée ;

– la perte de poids si nécessaire ;

– un sommeil suffisant ;

– la réduction de la consommation d’alcool ;

– l’arrêt du tabac.

Le traitement hormonal substitutif

Chez certains hommes présentant un déficit confirmé, une supplémentation en testostérone peut être proposée.

Elle nécessite un suivi médical régulier afin de surveiller notamment :

– la prostate ;

– l’hématocrite ;

– les fonctions cardiovasculaires ;

– l’efficacité du traitement.

L’automédication est fortement déconseillée.

Andropause ou ménopause : quelles différences ?

Andropause

Ménopause

Progressive

Brutale

Testostérone diminue

Arrêt des œstrogènes

Fertilité souvent conservée

Fertilité arrêtée

Variable selon les hommes

Concerne toutes les femmes

Apparition progressive

Âge moyen autour de 51 ans

La ménopause est un phénomène physiologique obligatoire.

L’andropause, elle, n’est ni systématique ni identique chez tous les hommes.

Peut-on prévenir l’andropause ?

Le vieillissement hormonal est naturel.

En revanche, il est possible de limiter ses conséquences.

Les principales mesures sont :

– pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique par semaine ;

– effectuer du renforcement musculaire deux à trois fois par semaine ;

– conserver un poids de santé ;

– dormir entre 7 et 9 heures ;

– limiter l’alcool ;

– arrêter le tabac ;

– gérer le stress chronique.

Alimentation : quels aliments privilégier ?

Une alimentation équilibrée participe au maintien d’une bonne santé hormonale.

Privilégiez :

Les protéines de qualité

– poissons ;

– œufs ;

– volailles ;

– légumineuses.

Les bonnes graisses

– huile d’olive vierge extra ;

– noix ;

– amandes ;

– graines oléagineuses ;

– poissons gras.

Les aliments riches en zinc

– huîtres ;

– fruits de mer ;

– viande maigre ;

– graines de courge.

Les aliments riches en vitamine D

– poissons gras ;

– œufs ;

– produits enrichis.

Les fibres

– légumes ;

– fruits ;

– céréales complètes ;

– légumineuses.

À l’inverse, limitez les aliments ultra-transformés, les boissons sucrées et les excès d’alcool.

Andropause, prostate et prévention

La santé de la prostate devient un enjeu important après 50 ans.

Même si l’andropause n’est pas responsable des maladies de la prostate, un suivi médical régulier est recommandé.

Les bonnes habitudes comprennent :

– consulter en cas de difficultés urinaires ;

– réaliser un suivi adapté selon les recommandations du médecin et les facteurs de risque personnels ;

– maintenir une activité physique régulière ;

– éviter le surpoids, en particulier la graisse abdominale ;

– adopter une alimentation riche en légumes, fruits et poissons ;

– limiter le tabac et l’alcool.

Questions fréquentes (FAQ)

L’andropause est-elle obligatoire ?

Non. Tous les hommes ne développent pas un déficit en testostérone symptomatique.

Peut-on avoir des enfants pendant l’andropause ?

Oui. La fertilité diminue progressivement mais elle n’est généralement pas interrompue.

La prise de poids est-elle inévitable ?

Non. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière permettent souvent de limiter la prise de graisse abdominale.

L’andropause provoque-t-elle une baisse de libido ?

Oui, c’est l’un des symptômes les plus fréquents, mais il peut avoir d’autres causes. Un bilan médical permet d’en préciser l’origine.

Pour conclure

L’andropause correspond à une diminution progressive de la testostérone pouvant entraîner une fatigue persistante, une baisse de la libido, une perte de masse musculaire, une augmentation de la graisse abdominale et parfois des troubles de l’humeur. Contrairement à la ménopause, elle n’est ni brutale ni systématique et la fertilité reste souvent conservée.

Un mode de vie sain, associant activité physique, alimentation équilibrée, sommeil de qualité et suivi médical, permet de limiter ses conséquences. En cas de symptômes évocateurs, une consultation médicale est recommandée afin de confirmer le diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.

Sylvie Borrat, Naturopathe-Heilpraktiker, Ariège